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La sortie de la guerre froide, 1985-1991

Définition et enjeu

La sortie de la guerre froide s'étend sur six années précises, de l'arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev à la dissolution formelle de l'Union soviétique. Un jury corrige systématiquement l'approximation qui daterait la fin de la guerre froide de la seule chute du mur de Berlin en 1989 : entre cette date et décembre 1991, l'URSS demeure une puissance active, dotée d'une politique étrangère propre et d'un siège permanent au Conseil de sécurité.

L'enjeu pour un candidat est de restituer avec précision cette séquence en quatre étapes, des réformes internes soviétiques à leur aboutissement institutionnel, sans confondre symbole et rupture juridique effective.

Auteurs et références

Mikhaïl Gorbatchev, arrivé au pouvoir en mars 1985, lance deux réformes désignées par leurs termes russes : la glasnost, qui ouvre un espace de débat et de critique publique inédit dans le système soviétique, et la perestroïka, qui engage une réforme structurelle de l'économie planifiée vers davantage d'initiative individuelle — deux dynamiques qui, loin de consolider le système soviétique comme espéré, en révèlent et en accélèrent les fragilités structurelles.

Ces réformes internes précipitent l'effondrement du bloc communiste en Europe : le mur de Berlin, symbole de la partition du continent depuis 1961, s'ouvre le 9 novembre 1989, à la suite d'une annonce gouvernementale est-allemande mal maîtrisée sur l'assouplissement des conditions de sortie du territoire. La réunification allemande devient juridiquement effective un an plus tard, le 3 octobre 1990, à l'issue de négociations formalisées par le traité dit Deux plus Quatre, signé le 12 septembre 1990, qui règle les aspects internationaux associant les deux Allemagnes et les quatre puissances occupantes de la Seconde Guerre mondiale.

La dissolution de l'Union soviétique elle-même n'intervient que plus d'un an après la réunification allemande, par une séquence d'actes juridiques successifs en décembre 1991 : les accords de Belavezha, signés le 8 décembre par les dirigeants de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie, actent la fin de l'URSS et la création de la Communauté des États indépendants ; le protocole d'Alma-Ata, signé le 21 décembre, y rallie huit autres républiques soviétiques ; Gorbatchev, désormais privé d'État à diriger, démissionne de la présidence soviétique le 25 décembre 1991. C'est cette dissolution effective, et non la chute du mur deux ans plus tôt, qui met formellement fin à l'ordre bipolaire de la guerre froide.

Repères

  • Mars 1985 : arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev.
  • 9 novembre 1989 : ouverture du mur de Berlin.
  • 12 septembre 1990 : signature du traité Deux plus Quatre.
  • 3 octobre 1990 : réunification allemande.
  • 8 décembre 1991 : accords de Belavezha.
  • 21 décembre 1991 : protocole d'Alma-Ata.
  • 25 décembre 1991 : démission de Gorbatchev, dissolution effective de l'URSS.

Lecture africaine

La fin de la guerre froide produit sur le continent africain une conséquence directe et documentée dans la fiche consacrée à la lecture africaine de la guerre froide : le désengagement des grandes puissances envers plusieurs régimes africains dont le soutien financier et militaire extérieur maintenait une stabilité artificielle, contribuant à l'effondrement de certains États, tel que la Somalie en 1991, tandis que s'ouvre parallèlement, dans d'autres pays, une vague de démocratisation et de conférences nationales au début des années 1990 — deux effets opposés d'un même basculement géopolitique mondial.

Piège de jury

Dater la fin de la guerre froide de la chute du mur de Berlin, en 1989, plutôt que de la dissolution effective de l'URSS, en décembre 1991. Entre ces deux dates, l'Union soviétique demeure une puissance nucléaire active, dotée d'un siège permanent au Conseil de sécurité et d'une politique étrangère propre, y compris de soutien à certains régimes du tiers-monde.

Second piège : confondre les trois actes juridiques de la dissolution soviétique de décembre 1991 — accords de Belavezha, protocole d'Alma-Ata, démission de Gorbatchev — avec un référendum unique ou une décision unilatérale d'un seul dirigeant. La dissolution résulte d'une négociation entre plusieurs républiques, actée en plusieurs étapes successives sur dix-sept jours.

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